Par Meghan Mackenzie Bell, PAA, CAAC, spécialiste en assurance agricole
La technologie fait désormais partie du quotidien de nombreuses exploitations agricoles canadiennes. Les systèmes d’alimentation automatisés, les équipements de traite robotisés, les outils de surveillance du troupeau, le suivi GPS, les capteurs à distance et les logiciels infonuagiques peuvent tous contribuer à améliorer l’efficacité des fermes. Ils permettent de gagner du temps, d’améliorer la visibilité et de prendre de meilleures décisions, mais ils engendrent également de nouveaux cyberrisques.
Dans une exploitation agricole moderne, une cyberattaque n’est pas seulement un problème technologique. Elle peut rapidement devenir un problème commercial et opérationnel.
Si un système contrôlant l’alimentation, la ventilation, la température ou le refroidissement du lait cesse de fonctionner — par exemple, si vous êtes privé d’accès aux systèmes à la suite d’une attaque par rançongiciel — les conséquences peuvent être graves. La santé des animaux peut en pâtir. Des pertes de production peuvent survenir. Les horaires quotidiens peuvent être bouleversés et il peut devenir plus difficile de respecter les engagements envers les clients. Si les logiciels de gestion du troupeau ou les outils de suivi tombent en panne, cela peut également semer la confusion.
Dans l’environnement moderne, la cybersécurité doit faire partie intégrante de la manière dont les fermes envisagent les risques.
Pourquoi les fermes sont confrontées à des cyberrisques croissants
À mesure que les fermes utilisent davantage d’outils numériques, les possibilités d’intrusion pour les pirates se multiplient. Certains appareils utilisent encore des mots de passe par défaut. D’autres ne sont peut-être pas mis à jour assez souvent. Dans certains cas, les fournisseurs d’équipements ou des tiers disposent d’un accès à distance aux systèmes de l’exploitation. Si cet accès n’est pas géré avec soin, cela peut créer un autre facteur de risque.
Les systèmes infonuagiques peuvent également être vulnérables. Une faible sécurité de connexion, des mots de passe partagés ou des contrôles d’accès insuffisants peuvent faciliter l’intrusion des pirates dans des systèmes importants. Même un seul compte de messagerie compromis peut entraîner des problèmes s’il permet à quelqu’un d’accéder aux documents comptables, aux communications avec les fournisseurs ou aux logiciels utilisés pour assurer le fonctionnement de l’exploitation.
Pour les fermes qui dépendent de l’automatisation, les interruptions de service peuvent coûter cher. Lorsque des systèmes clés sont perturbés, cela se traduit souvent par une perte de temps, une perte de production, un stress accru et des frais de reprise supplémentaires.
5 étapes simples qui peuvent faire la différence
La bonne nouvelle, c’est que l’amélioration de la cybersécurité agricole ne nécessite pas toujours des changements majeurs. Souvent, les mesures les plus importantes sont les plus simples.
- Commencez par modifier les mots de passe par défaut sur tous les appareils et utilisez des mots de passe forts et uniques sur l’ensemble des systèmes. Activez l’authentification multifactorielle dans la mesure du possible, en particulier pour les courriels, les plateformes infonuagiques et les outils de connexion à distance.
- Maintenez les logiciels et les micrologiciels à jour. Les mises à jour incluent souvent des correctifs pour des failles de sécurité connues. Les retarder peut exposer les systèmes à des risques.
- Séparez les systèmes lorsque cela est possible. Par exemple, les outils qui gèrent l’alimentation, les capteurs ou les équipements de l’étable ne devraient pas se trouver sur le même réseau que les ordinateurs de bureau ou les systèmes financiers. Cela peut aider à limiter les dommages si une partie du système est compromise.
- Formez le personnel aux signaux d’alerte à surveiller. Les alertes de connexion inhabituelles, les ralentissements soudains, le fonctionnement anormal des équipements ou les demandes de paiement inattendues doivent tous être pris au sérieux.
- Sauvegardez les systèmes et les données critiques et testez les remises en état afin de vous assurer que vous pouvez récupérer vos données.
Élaborez un plan avant qu’une cyberattaque ne se produise
La prévention est importante, mais la préparation l’est tout autant. Chaque entreprise agricole qui s’appuie sur des outils numériques devrait disposer d’un plan de base indiquant la marche à suivre en cas de problème.
Ce plan doit préciser qui appeler, lesquels sont les systèmes les plus importants, comment les sauvegardes sont gérées et quelles mesures prendre pour limiter les perturbations. Un plan d’intervention clair peut aider une ferme à agir plus rapidement et à récupérer plus vite.
Il est également utile de revoir sa garantie d’assurance. De nombreuses exploitations agricoles sont bien protégées contre les risques physiques, mais moins bien préparées face aux sinistres liés à la cybersécurité. Selon le type d’activité et la couverture, une assurance cyber peut aider à couvrir les coûts liés à l’interruption des activités, à la récupération des données, à la fraude, aux frais juridiques et à la réponse aux brèches de sécurité.
La technologie peut aider les exploitations agricoles à mieux fonctionner et à gagner en efficacité. Mais elle doit également être gérée avec soin. Pour les agriculteurs canadiens, la cybersécurité fait désormais partie intégrante de leur activité.